Un peu d’histoire

Une ville qui date de l’époque gallo-romaine

Le territoire de « notre » Margny-lès-Compiègne actuelle est depuis longtemps occupé et habité. En attestent de nombreuses découvertes archéologiques : un puits, vers Corbeaulieu, révèle une exploitation préhistorique de silex utilisés pour fabriquer des outils tranchants comme des pointes de flèches ou des lames de couteaux, ou encore des vestiges et petits objets d’époque gallo-romaine ont été retrouvés. Le site de Margny faisait partie de la cité des Bellovaques.

Le nom de Margny serait d’ailleurs d’origine gallo-romaine… Notre département comprend trois Margny, et notre commune était en général définie par sa situation au bord de la rivière ou près de Compiègne : Marrigny emprez Compiègne, Maregny sur Oise… La forme actuelle, Margny lès Compiègne, semble s’établir durablement à partir du XIXème siècle.

Un essor réel et durable à partir du XVIIème siècle, déjà une commune entre ville et campagne

Né au pied d’une côte, le village se développe entre celle-ci et les berges de l’Oise. Vers 1660 apparaissent les registres paroissiaux en France et avec eux, de précieux renseignements sur notre passé. En 1680, le registre paroissial de Margny fait état de 72 ménages. Cinq ans plus tard, nous y découvrons les métiers courants : vignerons (jusqu’à la crise du phylloxera à la fin du XIXème siècle, les coteaux de Margny abritaient de nombreuses vignes), jardiniers, tonneliers, laboureurs, etc. et des compagnons de la rivière (pilotes d’embarcations, sous l’autorité du Maître du Pont).

Une ville au carrefour des grands événements tragiques de l’Histoire de France

Le village est bordé par la « prée de Margny », vaste étendue marécageuse sur laquelle une chaussée surélevée mène à Compiègne par le vieux pont. Ce dernier, construit par Saint Louis se situait à peu près au niveau de la Grosse Tour du roi. Cette « prée de Margny », où étaient organisés des tournois et des fêtes, fut finalement le théâtre d’un des événements les plus marquants de l’Histoire de France…

Déjà certainement funestement touchée par la succession de ravages causés, directement et indirectement, par la Guerre de Cent ans (1337-1453), Margny se voit impliquée dans le conflit qui oppose Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, au roi de France Charles VII. Jeanne d’Arc prit les armes pour ce dernier. Le Duc, voulant assiéger Compiègne, place des soldats à Clairoix et Margny, les anglais –ses alliés- se tenant à Venette.

Le 23 mai 1430, en fin de journée, Jeanne d’Arc s’engage par la « prée de Margny» vers le village pour en déloger les troupes qui y sont stationnées et intimider le Duc de Bourgogne. Hélas, par un malheureux concours de circonstances, Jean de Luxembourg, comte de Guise et aux ordres du Duc, arrive de Clairoix et surprend Jeanne et ses compagnons, les attaque et la fait prisonnière, mettant ainsi un terme à l’épopée de celle qui fut surnommée « La pucelle d’Orléans ». Comme chacun le sait, elle fut ensuite remise aux anglais et conduite à Reims où elle périra sur le bûcher, le 30 mai 1431…

Une impulsion nouvelle avec Louis XIV

Jusqu’à l’arrivée sur le trône de Louis XIV en 1643, Margny comme des milliers d’autres villes et villages du royaume va alterner périodes calamiteuses -avec leur lot de guerres, de famines et d’épidémies- et périodes de paix et d’espoir. Mais avec le règne du Roi Soleil, Margny se découvre lieu de fêtes et terrains de manœuvres royales. Le roi aime en effet Compiègne et y vient souvent, amenant avec lui le train de vie et les habitudes de la Cour, ce faste se déployant dans les villes aux alentours de Compiègne.

Son successeur Louis XV vient lui aussi régulièrement dans le compiégnois et commande de nouveaux équipements, comme le Pont Neuf, qui permet le redressement de la chaussée qui traverse la « prée de Margny », permettant une meilleure liaison entre Margny et Compiègne. Louis XV organise le Camp de Margny en juillet 1764. Les carrières elles-aussi sont mises à l’honneur car elles fourniront des pierres pour la reconstruction du château de Compiègne.

Avant la Révolution française les communes étaient gérées principalement par l’Eglise.  Elles étaient en général administrées par une assemblée de membres de la paroisse, le curé à la tête de cette assemblée. Margny ne fera pas exception. La Révolution amènera, elle, un changement radical dans la « conduite » des communes.

En 1789, Margny dépend de la circonscription administrative, fiscale, judiciaire et militaire de Paris et est rattachée au diocèse de Beauvais. Louis François Lalouette, vigneron, François de Montbayen, cultivateur au Petit Margny, ou encore Jacques Bras aîné, vigneron, feront partie des premiers maires élus de Margny.

En février 1790, l’Assemblée Nationale Constituante révise entièrement l’organisation administrative du pays et sont créés les départements, districts et cantons. Le département de l’Oise comptait neuf districts, chacun divisés en cantons, les villes de Compiègne et Margny formant un canton à elles deux.

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

Une période de guerres destructrices

S’ensuivirent vingt-trois ans de guerres révolutionnaires et impériales qui affaiblirent la France de façon notable. Margny-lès-Compiègne voit d’ailleurs en mars 1814 déferler des troupes prussiennes, venues assiéger Compiègne défendue par le major Othenin. Margny sera incendiée au même titre que Venette…

Pendant cette première partie du XIXème siècle appelée la Restauration, le village s’urbanise et s’agrandit, l’école est reconstruite et un instituteur recruté. Un curé retrouve le chemin de la ville, dont les âmes furent, pendant un long moment, guidées par un vicaire de la paroisse Saint-Jacques de Compiègne !

L’arrivée du chemin de fer est décisive pour le développement de la commune

L’arrivée du chemin de fer à Margny, en 1847, amorce, jusqu’à la fin du siècle, un tournant dans le développement de la ville : peu à peu la population augmente, le gaz et l’électricité sont installés même si le chauffage au bois reste la « norme », ainsi que la première ligne de téléphone en 1889… Dans les années 1870, Margny lès Compiègne compte presque un millier d’habitants.

Une croissance économique liée à une situation privilégiée

Le développement économique de la commune n’est pas en reste : après la décimation des vignes par le phylloxera dans les années 1880, la culture des pommes de terre prend le relais et les exploitations agricoles sont toujours présentes sur le territoire. Les carrières, au nombre de sept, continuent d’être exploitées (mais fermeront dans le dernier quart du XIXème siècle). La proximité de la rivière permet également le commerce par voie fluviale. On trouve une brasserie, une tuilerie-briquetterie, des moulins à vent… De nouvelles industries s’installent également : chaudronnerie, fonderies de cuivre et de fer…

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

L’Aviation, indissociable de Margny

Tous ces développements technologiques dans la commune vont d’ailleurs se trouver mêlés à la « Grande Histoire » puisqu’en 1909 est construit un aérodrome – toujours en activité et le plus ancien de France – alors même que l’Aviation n’en est qu’à ses balbutiements ! L’avion -le nom comme l’appareil- est inventé en 1873 par Clément Ader.

Robert Martinet et Georges Legagneux, deux pionniers de cette nouvelle discipline et passionnés, installent en 1909 un aérodrome sur le territoire de Margny, à Corbeaulieu.  Les pistes étaient les champs voisins, et le hangar, une charpente de bois démontable couverte de toiles qui pouvait être déplacée. L’aérodrome fut inauguré en avril 1911 lors d’une grande fête.

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

Une grande guerre meurtrière

Ces moments d’allégresse n’allaient malheureusement pas durer, la Grande Guerre se profilant… Margny-lès-Compiègne, comme tant d’autres communes à proximité du front, fut douloureusement témoin des affrontements puisqu’elle fut occupée par des troupes allemandes du 31 août au 13 septembre 1914. Réquisitions, pillage, incendies, prise d’otages de notables de Compiègne et Margny furent le lot durant cette période. Les bombardements étaient fréquents et plus particulièrement de mars à août 1918, à l’occasion de la dernière offensive allemande sur la vallée du Matz, qui obligea la population à l’évacuation. Triste bilan pour Margny-lès-Compiègne avec cent quatorze victimes de guerre, pour une commune qui comptait 2 827 habitants en 1911…

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

Un entre-deux guerres heureux

La vie reprit son cours, et avec elle l’élargissement de la population et l’implantation de nouveaux services et commerces : raccordement à l’eau courante, le « tout-à-l’égout » débuté en 1925, la création d’un cinéma, d’une salle de bal, le déménagement de la mairie dans l’hôtel de ville actuel, l’ouverture d’un bureau de poste en décembre 1926, de nouvelles écoles, un marché et un marché franc ainsi qu’un grand projet d’aménagement et d’embellissement qui voit la création de nouveaux quartiers… La culture n’est pas en reste puisque est créée en 1937 une bibliothèque et une salle de répétition de musique.

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

Mais hélas, l’Histoire rattrape une fois encore la commune lorsque la Seconde Guerre Mondiale est déclarée le 3 septembre 1939.

Margny, avec la gare, acteur majeur de la seconde guerre mondiale

Le 21 juin 1940, c’est sur l’aérodrome des hauts de Margny qu’atterrit la délégation, qui comprend entre-autre Rudolf Hess et le maréchal Göring, menée par Hitler pour se rendre ensuite en voiture à la Clairière de Rethondes, où fut signée l’Armistice en 1918. C’est en effet sur les lieux mêmes où l’Allemagne fut contrainte de reconnaître sa défaite 22 ans auparavant que le Führer souhaite que la défaite française, reconnue par le gouvernement du maréchal Pétain, soit actée… L’Armistice fut signé le 22 juin.

Les années d’occupation qui suivent voient néanmoins la commune continuer à gérer le quotidien du mieux possible…

La commune, occupée par les allemands à partir du 10 juin 1940, est libérée par une compagnie de soldats américains le 1er septembre 1944. Des bombardements allemands, en août 1944, firent d’importants dégâts et plusieurs victimes civiles.

La gare de Compiègne, située sur le territoire de Margny, a été, elle, l’involontaire témoin du sort des malheureux déportés du camp de Royallieu qui partaient de ses quais. [Voir l’onglet Wagon]

Comme lors du précédent conflit, Margny se voit remettre la Croix de Guerre et la ville fait ériger un second Monument aux Morts à côté du premier, construit suite à la Première Guerre Mondiale, faute de place pour y inscrire tous les noms des malheureuses et malheureux tombés aux cours de ces deux conflits. Margny lès Compiègne a payé un lourd tribut…

Depuis 1945, Margny poursuit son essor en alliant développement économique et qualité de vie

Après-guerre, et ce jusqu’à nos jours, notre commune continue son développement économique, social, associatif avec l’implantation de nombreuses associations, l’urbanisme se structure selon un avant-projet établi par Jean Philippot, architecte, une compagnie militaire d’aviation s’installe sur les Hauts de Margny-lès-Compiègne en 1962 et un collège est construit en 1970.

La ville adhère au Syndicat Intercommunal de la vallée de l’Oise Moyenne, créé en 1970, devenu depuis l’ARCBA (Agglomération de la Région de Compiègne et de la Basse Automne) qui réunit 22 communes et permet ainsi une mutualisation de moyens, garante de projets d’envergure pour notre commune.

©Archives de Compiègne et son Agglomération, Collection Jean-Claude Lécuru

Ce résumé de l’histoire de Margny lès Compiègne s’est fortement appuyé sur l’excellent et très complet ouvrage « Margny-lès-Compiègne. Quelques aspects de son histoire présentés par François Callais », édité par la Société Historique de Compiègne.

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